Cela fait déjà quelques années que j’avais
« spotté » cet événement sans trop savoir le mode de
fonctionnement. Toutefois, tourner en
rond autour du Lac Beauport sur un parcours très vallonné de 7,6km pendant 24
heures sans aucun temps d’arrêt me semblait de la pure folie.
En 2011 je n’ai pas participé au fameux Paris-Brest-Paris
(1 250 km en moins de 90 heures) car je n’aimais pas le fait d’être obligé
de rouler la nuit, certainement sous la pluie, sur des chemins ouverts à la
circulation et ce, avec très peu de sommeil.
Je trouvais cela trop dangereux….et ma blonde aussi.
Pour 2013, désirant toujours faire des épreuves de longue
distance en vélo, mais dans un environnement sécuritaire, je me suis alors
vraiment intéressé au 24 heures du Lac Beauport. Une activité organisée par une OSBL pour
ramasser de l’argent pour 4 fondations principalement pour des jeunes, dont
Rêves d’enfants.
Alors GO pour le Défi et GO pour aider les jeunes. J’ai décidé que mon budget de compétitions
ira cette année à cette activité.
C’est quoi ce 24
heures?
En fait, les cyclistes du 24 heures roulent toujours en un
seul peloton à une vitesse moyenne très raisonnable de 22 km/hr : on monte
les côtés à 12km/hr et on se laisse aller dans les descentes. Ce n’est pas comme une course et personne ne
cherche à impressionner personne. En
fait c’est une belle camaraderie qui s’installe entre les vétérans et les
nouveaux. Certains le font en équipe et
se relaie lorsqu’il le désire et
d’autres en solo pour tenter de faire le 24 heures sans manquer un seul
tour. En 2013 nous étions 35 cyclistes
dont 6 inscrits en solo.
L’activité est très bien organisée et sécuritaire. Une voiture de tête accompagne le peloton en
tout temps et un camion protège nos arrières.
La nuit la voiture de tête est même équipée d’un système d’éclairage
assez ludique.
Les bénévoles, près de 60, sont omniprésents et
expérimentés. Il en a sur le parcours
pour arrêter le trafic et nous permettre de rouler sans arrêt, comme ma blonde
Linda a fait. Il y a aussi qui nous
fournissent de la bouffe au point de ravitaillement à chaque heure. Le menu est connu d’avance. Si on veut quelque chose de différent, on n’a
qu’à l’apporter.
Dans le peloton, un cycliste a une radio pour être en
contact avec les voitures et le point de ravitaillement. Si un cycliste a besoin de quelque chose (bouffe,
vêtement), le radioman contacte le contrôleur,
place la demande et un bénévole va chercher le bien convoité afin de le
remettre rapidement au cycliste lorsqu’il passe au point de ravitaillement. C’est super efficace.
C’est bien beau tout
cela mais comment on fait pour pédaler pendant 24 heures et ce, sans manquer un
seul tour ?
C’est certain qu’il faut être très bien entraîné, surtout à
monter des côtes car en pratique on ne fait que monter et descendre sur ce
parcours.
·
Il faut être prêt mentalement à rouler très très très longtemps. En fait, il faut oublier la notion de
temps. On parle avec les autres, on boit
à chaque tour, on mange à chaque deux tours, etc. On échange aussi avec des joueurs de hockey
de la NHL (Mathieu Garon du Lightning, Steve Bernier des Devils) qui ont peu
d’expérience en vélo de route mais qui font l’effort de venir supporter la
bonne cause. Il y avait aussi Yvan
Waddell, un cycliste olympique, qui nous a accompagné comme commanditaire
principal pour Archibald.
·
Il faut être toujours à l’écoute de notre
corps. Si on a froid ou chaud, il faut
ajuster nos vêtements assez rapidement.
Si on a un problème à un genou ou dans le haut du dos par exemple, on
essaie de changer notre position pour que le mal passe et on prend deux advils
pour engourdir le mal.
·
Lorsqu’on doit aller aux toilettes, on doit
alors devancer le peloton pour gagner du temps puis le rattraper pour ne pas
perdre un tour. J’ai été chanceux car j’ai eu besoin de faire seulement une
dizaine de pipi sur le bord du chemin en 30-40 secondes. J’espérais ne pas avoir besoin de faire de
no 2 afin de ne pas m’éloigner trop du peloton.
·
Pendant la nuit, il faut combattre le sommeil
évidemment. Les paupières sont lourdes
et avec la fatigue il faut faire de grands efforts pour garder les yeux
ouverts. Pour m’aider j’ai pris un wake
up vers 23h et un autre vers 3h. L’on doit garder en tout temps le focus sur
la route et surtout dans les descentes de 50-60 km/hr. En fait c’est l’aspect qui m’inquiétait le
plus car je ne suis pas un bon descendeur.
J’ai déjà fait des 24 heures à pied (Mont Saint-Anne) et en ski de fond et
c’est pas mal moins risqué qu’en vélo.
·
Finalement au niveau de la bouffe, il faut bien
se connaître. J’ai une bonne expérience
à ce sujet et en tout temps j’ai été bien contenté par le menu qui était
proposé. J’avais en complément mes
jujubes habituels, mes sachets de compote de fruits, des carrés aux dattes et des carrés aux rice
krispies.
Sur un 24 heures le moment le plus attendu est le lever du
soleil. Aussitôt que le ciel commence à
s’éclairer, notre esprit se revigore et on sent un regain d’énergie. Pendant la nuit, c’est relativement froid
surtout dans les descentes à 60 km/hr.
Le corps est content de sentir la chaleur rayonnante du soleil et on n’a
plus besoin de combattre le froid. Le
matin on a aussi une nouvelle énergie qui vient avec l’arrivée progressive de nouveaux
cyclistes. Pendant la nuit on a été
quelques heures seulement 5 cyclistes.
C’est une très petite gang pour se garder motiver. Le renfort des autres est donc très
important.
Et puis le résultat
final! ,
Eh oui, j’ai réussi ce nouveau défi avec beaucoup de fierté.
Je m’étais donné comme objectif de faire
20 heures car je pensais bien devoir sauter des tours pour bien manger, me
changer et aller aux toilettes.
Finalement j’ai réussi à m’adapter rapidement au mode de fonctionnement
du groupe et réussi à tout faire. Je
suis particulièrement heureux car j’ai su, le vendredi avant l’événement, que l’enfant
qui va profiter de la bourse remis à Rêves d’enfants est le neveu (Charles Desrochers 13 ans) d’une très
bonne amie du bureau, Mireille Ouellet.
Michel (gauche) et Charles à droite
On est 4 nouveaux
amis cyclistes (Francis Cloutier, Alexandre Moisan, Patrick Vien) qui ont
réussi en 2013 de faire le 24 heures et il y a aussi deux marcheurs avec 14 tours,
106 km (Beniamino Colombo, Marlène Bouillon).
On a fait 59 tours
du lac pour un total de 447 km et un dénivelé de 7 716 mètres.
Plus de 47 500$ ont été récoltés en dons et commandites
et seront remis aux fondations suivantes : Fondation Rêves d’Enfants, La
Fondation québécoise du cancer, La Maison des Jeunes Lac-Beauport et La
Fondation Cité-Joie.
Un gros merci à l’organisateur en chef, Philippe
Canac-Marquis, et à sa gang de bénévoles pour avoir réussi à nous faire vivre
un très beau 24 heures.
Philippe en pleine forme




